Quelle est la plus vieille culture vivante du monde ?

60 000 ans, qui dit mieux ? Il n’existe pas d’équivalent sur la planète d’une culture toujours vivante depuis des dizaines de milliers d’années. Malmenés par les Européens qui débarquèrent en Australie à partir du XVIIIème siècle, les aborigènes ont fini par être reconnu citoyens à part entière en 1967. Auparavant ils étaient classés comme « élément de la faune et de la flore australienne »… C’est un miracle que leur culture ait résisté ! Boomerang, didgeridoo, peinture et signes mystérieux, levons le voile sur cette culture plurimillénaire.

© Tourism Australia – Uluru, également connu sous son nom anglais d’Ayers Rock, s’élève à 348 mètres au-dessus de la plaine. Depuis le 26 octobre 2019, l’ascension de ce site sacré pour les aborigènes est interdite.

Terra Australis Incognita : la terre du sud que l’on ne connait pas. Voici comment les premiers Européens surnommaient la plus grande île du monde. Enfin, la plus grande, il y a débat, certains considérant l’Australie comme le plus petit des continents, et que le titre reviendrait donc au Groenland. Finalement, il ne resta plus que le mot Australie…  Au XIIIème siècle, Marco Polo relate des récits de l’existence d’une grande masse terrestre au sud de l’Asie. Le premier Européen à visiter l’Australie est l’explorateur portugais Cristóvão de Mendonça en 1522. Au XVIIème siècle, c’est au tour des Néerlandais d’explorer le coin, et notamment Abel Tasman, qui donna son nom à la Tasmanie. Au siècle suivant, les Anglais prennent le relais, avec en figure de proue le célèbre James Cook, mais il fallut attendre 1802 pour le premier tour de l’Australie par la mer, et 1897 pour l’exploration des derniers coins reculés du désert intérieur !

On comprend mieux pourquoi la culture aborigène a pu se maintenir aussi longtemps ! Leurs ancêtres seraient arrivés il y a environ 70 000 ans et seraient isolés en Australie depuis 50 000 ans. Depuis cette période, les aborigènes ont développé en autarcie une culture unique, sans aucune influence ni apport extérieur. Miraculeusement, la culture aborigène a perduré pendant des dizaines de milliers d’années, et constitue à ce jour la plus ancienne culture vivante durable du globe.

Maruku Arts, Uluru Kata Tjuta National Park, NT – ©Tourism Australia

Prenons le boomerang, que tout le monde connait, indissociable de l’Australie. Les archéologues ont trouvé des traces de cet outil un peu partout dans le monde, en Pologne, dans la tombe de Toutânkhamon en Egypte, en Indonésie et en Amérique. Cet objet était connu de nombreux peuples, mais il n’a survécu que chez les aborigènes australiens ! Idem pour le fameux didgeridoo, lointain cousin du cor des Alpes ou du tongqin tibétain. L’analyse au carbone 14 d’une peinture rupestre représentant un joueur de didgeridoo montre que l’usage de cet instrument par les aborigènes australiens date d’il y a plus de 20 000 ans, durant l’âge de pierre ! Cette trompe en bois fut ainsi nommée par onomatopée par les colons occidentaux qui avaient l’impression d’entendre « didje-ridoo, didje-ridoo » à l’infini.

Les signes indigènes australiens existent depuis la nuit des temps, expression souvent galvaudée, mais clairement pas concernant les aborigènes. Cela fait près de 60 000 ans que ces signes porteurs de la plus ancienne mémoire d’un peuple intriguent les explorateurs. Ce sont les peintures rupestres, sur la roche, qui sont parvenues jusqu’à nous, mais cet art se faisait également sur le sable, les écorces d’arbres et d’autres supports éphémères. On parle même de peintures au sol s’étendant sur des kilomètres, un peu comme Nazca au Pérou, réalisées lors de rites et aujourd’hui disparues.

Maruku Arts, Uluru Kata Tjuta National Park, NT – ©Tourism Australia

À l’époque, les peuples aborigènes ne possédaient pas encore l’écriture. A l’instar des chants et de la musique, la peinture était un moyen de perpétuer les traditions ancestrales et de transmettre une mémoire collective. Un héritage vieux de 60 000 ans qui nous est miraculeusement parvenu. Pour les anthropologues, il s’agit de la plus ancienne tradition artistique au monde. On trouve encore de nombreuses peintures aborigènes dans des grottes et autres lieux considérés comme sacrés par les aborigènes, notamment dans le nord de l’Australie, mais aussi dans le centre, au célèbre site d’Uluru, classé par l’Unesco, plus connu sous le nom anglais Ayers Rock.

Les styles et techniques diffèrent d’une tribu à l’autre, avec une symbolique propre, sachant qu’on distingue près de 500 peuples aborigènes, généralement divisés en clans, chacun ayant sa langue et son propre territoire ! Les aborigènes croient à l’interprétation de rêves et les représentent sur les peintures. De nombreuses oeuvres n’ont pas révélé leurs secrets, et seuls les initiés sont capable de comprendre certains signes. Dans les années 1970, les aborigènes ont commencé à utiliser la peinture acrylique sur toile, ouvrant la voie à l’art contemporain aborigène, qui bénéficie aujourd’hui d’une consécration internationale. De nombreuses toiles ne sont pas signées par l’artiste car pour les aborigènes, la peinture est un art collectif : chaque œuvre n’appartient pas seulement au peintre mais à la communauté tout entière !

Publié par Nicolas Pelé

Le voyage est la passion de ma vie : chaque départ est une aventure, peu importe la destination, et chaque fois que je prends l'avion, c'est comme la première fois.

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