Des souterrains au sommet de sa cathédrale, partons à la découverte de Laon, la montagne couronnée !

Laon, prononcez lent comme une tortue, est la préfecture du département de l’Aisne, en Picardie (on parle aujourd’hui officiellement des Hauts de France et en effet, c’est en haut sur la carte…). Ce n’est pas la ville la plus touristique de France, donc vous ne serez pas dérangés par la foule en visitant cette pépite, nichée au sommet d’une colline entre Saint-Quentin et Reims. Car oui, Laon est clairement l’une des plus belles villes de France, qui aurait toute sa place à l’UNESCO. Elle abrite tout simplement le plus vaste secteur sauvegardé de France. Des entrailles de sa butte aux mystérieux bœufs érigés tout en haut des cinq tours de sa cathédrale, partons à la découverte de la montagne couronnée !

© Nicolas Pelé – Dans les souterrains de la citadelle de Laon.
© Agence Aisne Tourisme – Perchée au sommet d’une butte, à plus de cent mètres au-dessus de la plaine alentour, au carrefour de la Picardie, de la Champagne et de l’Île-de-France, Laon offre un spectacle grandiose.

7 km de remparts d’où émergent cinq tours ceinturent une colline surgissant de la plaine, telle une île au milieu d’un océan de champs et de bois, le tout visible à des kilomètres à la ronde : Laon n’a pas usurpé son surnom de montagne couronnée ! C’est le plus vaste secteur sauvegardé de France : 370 hectares d’espace protégé, 84 monuments historiques classés, et une muraille médiévale encore intacte. Sur les 18 portes et poternes du Moyen Âge, il en reste trois, et on peut toujours admirer 10 tours sur la quarantaine qui jalonnaient le mur d’enceinte à l’époque médiévale. Le tout sur une colline de plus de cent mètres d’altitude, surplombant telle une acropole la plaine picarde. Laon abrite 77 hectares de souterrains, une ville médiévale préservée et une cathédrale coiffée de cinq tours dont quatre clochers et une tour lanterne ! Mais alors pourquoi une telle merveille n’est pas classée à l’UNESCO ? Tout simplement parce qu’elle fut candidate en même temps que Provins, en 2001, et un pays ne peux pas obtenir deux sites classés la même année. Depuis, la ville n’a plus proposé sa candidature…

© Agence Aisne Tourisme – Laon depuis les hauteurs de la cathédrale.

« J’ai quitté Laon ce matin, vieille ville avec une cathédrale qui est une autre ville dedans, une immense cathédrale qui devrait porter six tours qui n’en a que quatre. Tout est beau à Laon, les églises, les maisons, les environs, tout ». Voici une description plutôt flatteuse que l’on doit à Victor Hugo, le 1er août 1835. Près de deux siècles plus tard, on peut tenir les mêmes propos, à l’exception du nombre de tours : il y en a bien cinq (il n’a pas dû prendre en compte la tour lanterne au centre…). Notez du reste qu’il devait y en avoir sept !

Laon la miraculée ?

Laon fut au cœur des combats des deux guerres mondiales. La préfecture de l’Aisne ne se trouve qu’à une quinzaine de km du front du Chemin des Dames, ses 2 000 km de tranchées, ses villages rasés à 100% et ses 400 000 morts. Et pourtant, c’est l’unique ville du département détruite à « seulement » 50%, les autres c’est du 80% minimum ! Et cette moitié détruite correspond à la ville basse, où se trouve la gare SNCF. De 1899 à 1971, un tramway à crémaillère reliait la gare à la mairie, 1,5 km plus loin, en ville haute. Puis ce fut un funiculaire de 1986 à 2016. De nos jours, plus rien, il faut marcher ou prendre la voiture et la laisser derrière les remparts. Mais c’est bien la ville médiévale, perchée sur sa colline, qui nous intéresse ici, et ce joyau a été miraculeusement préservé. Un miracle qui s’explique de manière très rationnelle : le Chemin des Dames a tout simplement fait écran, le plateau a pris sur lui toutes les destructions, ainsi que la vallée de l’Ailette. C’est ainsi que Craonne, l’un des villages totalement rayés de la carte de la zone, n’est qu’à 15 km du plus grand secteur historique sauvegardé de France !

Laon et Lyon, quel rapport ?

Savez-vous quel est le point commun entre les villes de Laon et de Lyon ? La même origine étymologique ! Lyon et Laon s’appelaient toutes les deux Lugdunum à l’époque des Gaulois, c’est-à-dire la forteresse du dieu Lug. Autre point commun, ces deux villes ont été capitale de la France ! De 27 avant J.C. à 297 pour Lyon (oui c’était la Gaule à l’époque, mais tout de même), et donc Laon, sous les Carolingiens, de 895 à 988 et l’avènement des Capétiens (oui, c’était la Francie occidentale à l’époque, mais tout de même). Après tout, la seule différence entre les deux, c’est un a à la place d’un y…

Une forêt en plein centre-ville !

La ville médiévale de Laon est perchée sur une colline de 100 mètres de haut, dont le sous-sol est sillonné de souterrains, carrières et puits. La ville basse est tapie au pied de cette butte. Entre les deux ? La forêt en pleine ville, unique ! La cuve Saint-Vincent, comme on la surnomme, est un lieu propice à de belles promenades, sillonné de sentes et grimpettes, qu’on appelle aussi le chemin des vignes. Un nom qui ne doit rien au hasard : au Moyen Âge, il y avait des vignes ici, et pas n’importe lesquelles, puisqu’on en tirait le vin servi au couronnement des rois à la cathédrale de Reims, à moins de 50 km de Laon. Entre nous, ce devait être une infâme piquette… Bref, ce n’était pas le roi des vins, mais le vin des rois !

© Agence Aisne Tourisme – Peu de villes peuvent s’enorgueillir d’abriter une forêt en leur sein. On aperçoit ici la cuve Saint-Vincent de Laon, véritable « campagne à la ville », autrefois plantée de vignes. Enserré entre les deux bras de la ville haute, on y accède par un ensemble de sentiers appelés « grimpettes ». Le plus connu, l’escalier du panorama, débouche sur la porte fortifiée des Chenizelles.
© Nicolas Pelé – Porte des Chenizelles : cette porte du XIIIème siècle fermait l’accès au bourg en venant de la cuve Saint-Vincent.
© Vincent Colin / Agence Aisne Tourisme – Les 7 km de remparts sont dans un état de conservation remarquable. Ici, la Porte d’Ardon, véritable mini château. Un lieu tout indiqué pour tourner un film d’époque médiéval !
© Vincent Colin / Agence Aisne Tourisme – Les remparts que l’on peut observer aujourd’hui sont quasiment les mêmes que ceux érigés aux XIIème et XIIIème siècle. Ici, la Porte de Soissons, à l’allure d’un château fort. Au premier plan, la Porte de Dame Eve, également appelée la Tour Penchée, on comprend pourquoi…

Les mystérieux souterrains de Laon : 40 millions d’années sous la terre

© Nicolas Pelé – L’entrée s’effectue par la citadelle, en empruntant un pont-levis, comme au Moyen Âge (mais celui-ci date du XIXème siècle). Tout est expliqué sur la porte, grâce à une inscription latine dont voici la traduction : « Henri IV, roi très chrétien et très victorieux de France et de Navarre, terreur des Espagnols, après avoir mis en fuite les ennemis et recouvré la ville de Laon, ordonna la construction de cette citadelle en l’an 1595, Claude de l’Isle de Marivaux étant gouverneur de la ville. » 

Après avoir pénétré par l’une des trois portes restantes à l’intérieur de l’enceinte fortifiée, commençons par nous rafraichir (ou nous réchauffer en cas de vague de froid) dans les mystérieux souterrains de la cité médiévale, où il fait 10°C toute l’année. Laon est construite sur un plateau calcaire, qui servit de carrière pendant tout le Moyen Âge. 77 hectares de souterrains se déploient sous vos pieds, mais seule une petite partie se visite. Descendons dans les entrailles de Laon, un labyrinthe de galeries souterraines où se tinrent durant des siècles réunions de loges maçonniques et autres cérémonies secrètes. Un voyage dans le temps de la Préhistoire à nos jours en passant par un silo à grain gallo-romain, des prisonniers templiers, les tailleurs de pierre du Moyen Âge et les casemates de Louis-Philippe !

© Nicolas Pelé – 20 000 lieues sous les mers : la première salle nous rappelle qu’il y a 45 millions d’années, Laon se trouvait sous les eaux chaudes d’une mer tropicale.
De cette lointaine période, la butte de Laon, mille-feuille géologique où cohabitent des couches de calcaire, de sable et d’argile, garde de nombreux témoignages, comme ce fossile que l’on admire dans les souterrains.
© Nicolas Pelé – Il suffit de lever la tête et des fossiles de gastéropodes surgissent dans le plafond et dans les parois calcaires, solidement incrustés. Un voyage qui nous ramène 40 millions d’années en arrière !
© Nicolas Pelé – Le minotaure nous attend au détour de ce véritable labyrinthe de galeries souterraines. Un dédale très sympathique à parcourir, une visite ludique ponctuée d’animations visuelles et sonores et de références à la mythologie grecque. On apercevra ainsi les portes de l’enfer, gardé par Cerbère, le chien à trois têtes.
© Nicolas Pelé – Après avoir arpenté de nombreux tunnels, on arrive à un silo à blé datant de l’époque gallo-romaine, qui servit de prison durant le Moyen Âge. C’est ici que les quatorze templiers de la commanderie de Laon ont été conduits le vendredi 13 octobre 1307 après leur arrestation par le roi Philippe IV Le Bel, tout comme tous les templiers du royaume.
© Nicolas Pelé – Des graffitis gravés par les chevaliers de l’ordre du Temple sont encore visibles… Nous sommes dans les oubliettes du beffroi médiéval, situé juste au-dessus !
© Nicolas Pelé – Ensuite, nous arrivons devant la carrière de pierre, où l’on nous présente les outils du maitre carrier et du tailleur de pierre, au savoir-faire recherché au Moyen Âge. C’est pourquoi il touchait un bon salaire. Mais le mieux payé, c’était le sculpteur. Cela fait plus de 2 000 ans que la pierre calcaire des carrières de la montagne de Laon est extraite pour bâtir les édifices de la ville, dont la cathédrale et les 84 monuments historiques classés.
© Nicolas Pelé – La seconde partie de la visite est consacrée aux aménagements militaires des lieux. Nous voici maintenant au cœur de la citadelle de Laon. Elle débute en beauté par un splendide point de vue sur quatorze casemates, enfilade d’arches illuminées se profilant à perte de vue. Située entre deux bastions de la citadelle, cette ligne de tir fut aménagée en 1835 par Louis-Philippe, le dernier roi à avoir régné en France (il n’avait pas le titre de roi de France mais roi des Français). Derrière chaque arche se cache une casemate, où étaient placés des militaires, prêts à défendre leur place forte.

Après avoir traversé ces quatorze galeries de tir, on rejoint le magasin à poudre qui a été reconstruit pour la Première Guerre mondiale. En effet, la poudrière initiale a explosé en 1870 car son gardien de l’époque a préféré tout faire sauter plutôt que de se rendre aux Prussiens… Bilan, 200 civils tués et certains vitraux de la cathédrale soufflés. La visite des souterrains se conclut dans cette poudrière, par le visionnage d’un film passionnant sur l’histoire de Laon, qui se confond avec celle de la France, de Jules César à Charles de Gaulle en passant par Clovis, Charlemagne, Hugues Capet, Philippe Auguste, Henri IV, Louis XIV et Napoléon. Tous ces grands personnages ont une histoire passionnante avec cette ville, mais il serait malheureusement long et fastidieux de raconter toutes ces anecdotes. En voici tout de même une : si Louis XIV est né à Saint-Germain-en-Laye en 1638, il aurait été conçu dans une auberge des remparts de Laon ! La ville donna même un président de la République, son maire adjoint Paul Doumer, assassiné en 1932, un an à peine après son élection…

© Nicolas Pelé – Plaque dans les souterrains de Laon à la mémoire du soldat qui s’est fait exploser avec la poudrière de la citadelle.

Finalement, seuls 400 mètres de galeries sont ouverts au public, mais c’est déjà pas mal, comptez 1h30 de visite ! De temps en temps, on aperçoit des ouvertures : certes, nous sommes enterrés à près de 15 mètres sous le plancher des vaches, mais nous surplombons tout de même la plaine de près de 100 mètres, une sensation étrange !

Après la cathédrale souterraine, place à la cathédrale dans les nuages !

© Agence Aisne Tourisme – Façade de la cathédrale de Laon, éclatante avec ses pierres calcaires provenant des carrières cachées dans les profondeurs de la ville.

C’est elle qui a valu à Laon son surnom de montagne couronnée, avec ses cinq clochers couronnant la colline sur laquelle est bâtie la ville. On la repère de loin, perchée sur sa butte de 100 mètres surmontant la plaine picarde ! Une légende urbaine raconte qu’un lac souterrain se cacherait sous la cathédrale. Cette histoire vient des habitants qui fuyaient dans les souterrains sous l’Occupation. Il y avait en effet quelques sources parfois abondantes, que l’on traversait en canot, ce qui devint dans les souvenirs d’enfants un lac souterrain. Il y avait en tout cas au Moyen Âge une nappe phréatique alimentant de nombreux puits, un bien particulièrement précieux durant les sièges !

© Nicolas Pelé – L’intérieur est grandiose. Les dimensions sont impressionnantes : la nef, l’une des plus longues de France, mesure 120 mètres.

Notre-Dame de Laon, de style gothique primitif, est l’une des premières cathédrales de France, la cinquième pour être précis. La première, la plus ancienne donc, n’est autre que la basilique Saint-Denis, où sont enterrés les rois de France, édifiée en 1135. Suivent les cathédrales de Sens la même année, Noyon en 1145, Senlis en 1151 et donc Notre-Dame de Laon en 1155. Ils n’étaient pas pressés, car la construction ne s’est achevée qu’en 1235. Notez que Notre-Dame de Paris est plus tardive (1163 à 1250, ils ont mis le temps également…).

C’est en effet à la fin du XIIème siècle et au début du XIIIème siècle qu’est venu le temps des cathédrales, un siècle béni, sans guerre ni famine (ou très peu), après la fureur des Viking et la terreur de l’An Mille, mais avant la Peste Noire et la Guerre de Cent Ans du siècle suivant. Un temps propice à l’éclosion de cathédrales et d’églises : « l’Europe se couvre d’un blanc manteau d’églises », comme l’écrit joliment le moine Raoul Glaber.

© Nicolas Pelé – Preuve de l’importance de cette cathédrale, le chapitre comportait 83 chanoines, le groupe le plus important de tout le royaume de France. D’ailleurs, toutes ces pierres tombales sur lesquelles vous marchez sont celles de ces chanoines qui sont enterrés sous vos pieds !

Il y eut d’abord la cathédrale mérovingienne, fondée par saint Rémi, natif du coin, à l’origine de la création de l’évêché de Laon. Souvenez-vous de votre programme d’histoire de CM1 : c’est l’évêque qui a baptisé Clovis en 496 à Reims. Voilà pourquoi on dit que la France est la fille aînée de l’Eglise. Ensuite, place à la cathédrale carolingienne, consacrée le 6 septembre 800 par Charlemagne himself ! On comprend pourquoi Adolf Hitler a pris le temps en juin 1940 de visiter la cathédrale de Laon. C’est la ville de naissance de la mère de Charlemagne (la fameuse Berthe aux grands pieds), empereur du Saint Empire Romain Germanique, dont le Führer se voulait l’héritier… Puis vint le temps de la cathédrale romane, incendiée par une foule en colère le jeudi 25 avril 1112. L’architecture gothique de l’édifice actuel influença par la suite de nombreuses autres cathédrales, dont les prestigieuses Notre-Dame de Paris, Chartres, Reims et Dijon, mais aussi Lausanne en Suisse et Magdebourg en Allemagne.

© Nicolas Pelé – Le grand orgue. Classé « Monument Historique », le buffet date de 1697.
© Nicolas Pelé – Le grand orgue du XVIIème siècle est soutenu par Atlas, le titan qui portait la Terre sur ses épaules dans la mythologie grecque. L’instrument est certainement plus facile à porter que notre planète…

On commençait toujours la construction par l’Est (en direction de Jérusalem), où se trouvaient le chœur et le maître-hôtel d’où le prêtre donnait la messe. En effet le chevet d’une église est toujours tourné vers le lever du soleil, c’est-à-dire la lumière, symbole du Christ. C’est le lieu le plus sacré, correspondant à la partie de la croix sur laquelle Jésus posa sa tête. Les messes pouvaient donc se tenir dès le début des travaux, qui duraient de nombreuses décennies ! On finissait ainsi par la façade, moins importante d’un point de vue religieux, partie la plus récente donc, et toujours orientée à l’ouest. Vous le saurez si vous êtes perdus, les églises, dont le plan reprend généralement la forme d’une croix, sont de véritables boussoles géantes !

De nos jours, quand on rentre dans un édifice religieux, on apprécie le silence des lieux, propice à la prière et au recueillement. On a du mal à le croire, mais il faut imaginer une toute autre ambiance au Moyen Âge. En effet, ce silence ne fut imposé qu’au XVIIIème siècle : avant, c’était un brouhaha indescriptible et constant, une messe étant donnée dans chaque chapelle (il y en a des dizaines dans une cathédrale), du matin au soir ! De même, l’intérieur des églises n’était pas austère comme aujourd’hui, les murs n’étaient pas immaculés, mais colorés ! Bref, le bruit et la couleur étaient la règle. La plupart avaient également un labyrinthe, qui subsiste miraculeusement à la cathédrale de Chartres.

© Nicolas Pelé – Malheureusement, une grande partie de ces pigmentations a été grattée à la Révolution, mais on en voit encore des traces dans certaines églises, comme ici dans la cathédrale de Laon.

Chaque cathédrale a sa spécificité. Chartres, ce sont ses vitraux uniques au monde et son labyrinthe, Beauvais, sa voûte de 48 mètres, la plus haute de France. Notre-Dame de Paris ? Ses spectaculaires rosaces, ses gargouilles et ses chimères. Albi ? La plus grande cathédrale de brique au monde, aux allures de château fort. Strasbourg ? Son horloge astronomique. Amiens, c’est la grandeur (la plus vaste de France), tandis que Reims, la cathédrale du sacre des rois de France, c’est son ange au sourire énigmatique. Et Laon ? Et bien ce sont ses mystérieux bœufs sculptés en haut des tours. D’ailleurs, et c’est sans équivalent, il n’y en a pas une comme à Strasbourg ni deux comme à Notre Dame de Paris, ni trois, ni quatre, mais cinq, une véritable couronne ! La cinquième tour est un puits de lumière niché au niveau de la croisée du transept, une tour-lanterne de structure carrée. Il faut savoir qu’à l’origine, il devait y avoir sept tours !

© Nicolas Pelé – La vue depuis le grand orgue. C’est rare d’avoir cette perspective en hauteur à l’intérieur d’une cathédrale.

Quant aux bœufs, voici la légende : les tours de la cathédrale de Laon, ornées de statues de bœufs grandeur nature, font référence à l’attelage chargé d’apporter les matériaux nécessaires à la construction de l’édifice au sommet de la « montagne ». Alors qu’une des bêtes s’écroula de fatigue, un bœuf blanc apparu miraculeusement, permettant à l’attelage d’arriver à destination. Si les habitants de Laon aiment raconter cette histoire, en réalité, ces bœufs ont sans doute été réalisés tout simplement pour rendre hommage aux bêtes qui ont amené les matériaux jusqu’au chantier.  

© Nicolas Pelé – L’ascension se poursuit le long des 137 marches qui mènent au sommet de l’une des cinq tours, où l’on s’approche des mystérieux bœufs, symboles de la cathédrale de Laon.
© Muriel Pelé – 16 bœufs grandeur nature veillent depuis 900 ans sur la ville de Laon, 8 dans chacune des deux grandes tours de la façade.
© Agence Aisne Tourisme – Au sommet des clochers, surplombant de 180 mètres la plaine picarde, le panorama sur la ville médiévale de Laon et la campagne environnante est splendide ! La vue porte jusqu’à 50 km à la ronde, au-delà du Chemin des Dames au sud-est, et jusqu’à la basilique de Saint Quentin au nord-est !
© Nicolas Pelé – Maquette de la cathédrale de Laon à la Cité de l’Architecture à Paris.
© Nicolas Pelé – Maquette de la cathédrale de Laon à la Cité de l’Architecture à Paris.

A Laon, ce n’est pas compliqué, chaque édifice est historique. Le palais de justice ? C’est l’ancien palais de l’évêque. L’hôtel de ville ? L’ancien château ! Le centre des Impôts ? Vous êtes dans l’ancienne garnison militaire au-dessus des souterrains… Cet ensemble résidentiel regroupant plusieurs habitations ? Une ancienne église ! Le musée Archéologique ? C’est l’ancienne commanderie des Templiers. Quant à l’office de tourisme, il prend ses quartiers dans l’hôtel Dieu construit au XIIème siècle, le plus ancien de France. Et tout est comme ça à Laon…

© Nicolas Pelé – La salle voûtée d’ogives de l’hôtel Dieu abrite l’office de tourisme du pays de Laon.
© Nicolas Pelé – N’hésitez pas à descendre en dessous, dans la salle basse, la salle des mendiants, avec ses colonnes et piliers.
© Nicolas Pelé – Cet immeuble d’habitation est l’un des 84 monuments historiques de Laon...
© Nicolas Pelé – … et une ancienne église du XIIème siècle. Et tout est comme ça à Laon, mais pas de panique, je ne vais pas vous lister les 84 monuments historiques de la ville !

On mange où ?

L’Estaminet Saint-Jean, un restaurant traditionnel dans la ville haute

© Nicolas Pelé – Une carte plutôt sympa avec d’excellents produits locaux et de saison.
© Nicolas Pelé – 25 km : Marle ! Les passionnés d’histoires se rendront dans cette petite commune de l’Aisne entre Laon et la frontière belge, réputée pour son musée des Temps Barbares, unique en Europe, et son festival international d’histoire vivante.

Voyage à travers l’histoire de France à Marle

A seulement 25 km de Laon, en direction de la Belgique, faites donc un saut à Marle. Chaque année depuis 2001, le musée des Temps Barbares accueille en juin un festival d’histoire vivante au rayonnement international. Les participants viennent d’une douzaine de pays, des Etats-Unis jusqu’à la Nouvelle-Zelande ! L’occasion d’assister à 2 000 ans d’histoire de France, des Celtes à 1944. Tout a commencé dans les années 1980 par la découverte d’un cimetière mérovingien des VIème et VIIème siècle sur le terrain d’un agriculteur de Marle. Un parc archéologique fut créé sur place après plusieurs années de fouilles, suivit de l’inauguration en 1991 du musée des Temps Barbares, consacré à la période mérovingienne.

© Nicolas Pelé – Ce musée unique en Europe prend ses quartiers dans un site bucolique, un ancien moulin à eau bordant une rivière, au pied des murailles du château de Marle.
© Nicolas Pelé – Une ferme mérovingienne avec ses chaumières en torchis grandeur nature a été reconstituée dans ce terrain de 4 hectares.

Au programme de ces festivités auxquelles participent près de 1 200 bénévoles passionnés d’histoire, reconstitutions historiques, combats avec l’armée romaine, tournois et autres joutes à cheval… Antiquité, époque médiévale, Révolution Française, soldats de Napoléon, Première et Deuxième Guerre Mondiale, c’est un véritable voyage dans le temps qui vous attend !

© Nicolas Pelé – Le public est accueilli par une haie d’honneur à l’entrée du festival.
© Agence Aisne Tourisme – Les temps barbares…
© Agence Aisne Tourisme – Chargez !
© Agence Aisne Tourisme – Soldats napoléoniens en action.
© Nicolas Pelé – Le char Renault FT17, utilisé de 1917 à 1940.
© Nicolas Pelé – C’est le premier char équipé d’une tourelle pivotante. Opérationnel durant l’été 1918, c’est le blindé le plus efficace de la Première Guerre mondiale, surnommé le char de la victoire.
© Agence Aisne Tourisme – On voit l’évolution entre les deux guerres avec ce tank Sherman. C’est le char américain produit en plus grande quantité pendant la Seconde Guerre mondiale, à plus de 50 000 exemplaires.
© Nicolas Pelé – A la soupe ! Cette popotte allemande pouvait servir 200 soldats…
© Nicolas Pelé – Les hommes du serment de Koufra avec le général Leclerc en Libye.

Un officier nous raconte le mythique épisode de Koufra, comme si on y était. Le 2 mars 1941, le colonel Philippe de Hauteclocque (38 ans), le même qui libéra Paris en tant que général Leclerc en août 1944, enlève aux Italiens l’oasis de Koufra, au sud de la Libye. Un exploit car non seulement Leclerc et ses hommes étaient en infériorité numérique, mais ils ne disposaient que d’un seul canon. Le futur libérateur de Paris triompha par la ruse. Ses hommes déplacèrent le canon toute la nuit autour du fort, et tirèrent régulièrement. Les Italiens croyaient être encerclés par de nombreux canons. Le coup de bluff marcha et les Italiens se rendirent, réalisant alors le subterfuge. A l’issue de cet exploit, Leclerc fait le serment de ne plus déposer les armes avant que le drapeau français ne flotte sur la cathédrale de Strasbourg. Un serment qu’il honorera avec brio !

© Nicolas Pelé – Le serment de Koufra prononcé par le futur général Leclerc : « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. » Le fusil que Lee Harvey Oswald a utilisé le 22 novembre 1963 pour assassiner John Fitzgerald Kennedy est le même modèle que ceux utilisés lors de la bataille de Koufra en 1941 : une carabine modèle Carcano calibre 6,5 mm équipée d’une lunette de visée, comme on la voit sur cette photo.
© Agence Aisne Tourisme – Le festival s’achève avec le défilé des chars américains dans les rues de Marle.

Publié par Nicolas Pelé

Le voyage est la passion de ma vie : chaque départ est une aventure, peu importe la destination, et chaque fois que je prends l'avion, c'est comme la première fois.

3 commentaires sur « Des souterrains au sommet de sa cathédrale, partons à la découverte de Laon, la montagne couronnée ! »

  1. Grâce à l’humour, la délicatesse, la culture et la précision de Nicolas, nous voici embarqués pour un voyage à travers l’Histoire sans pour autant partir au bout de monde! On tremblerait presque en s’enfonçant dans les galeries souterraines, on n’envierait quasiment plus les beaux costumes portés lors des événements importants touchant la Reine Elisabeth et maintenant le roi Charles III en regardant les photos des reconstitutions historiques, on se régale d’anecdotes. Merci, Nicolas, pour ce récit exaltant qui invite à la découverte de notre beau pays.

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  2. Bonjour, Nicolas,
    GRAND MERCI, pour ton voyage réel dans le passé, impressionnant, bouleversant, clair et bien expliqué, merci aussi pour les photos accompagnées cet article, !!!!
    Tu nous donnes envie d’aller voir et se plonger dans ce monde, bien clair bien expliqué et plein d’humour.. 😀⛪⛪, bon courage à la prochaine publication… BRAVO

    Aimé par 1 personne

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