Tenerife : le toit de l’Atlantique

Cœur volcanique des Canaries, située entre La Gomera, La Palma et El Hierro à l’ouest, et Gran Canaria, Fuerteventura et Lanzarote à l’est, Tenerife est la plus grande île de l’archipel et aussi la plus visitée, concentrant à elle seule près de 40 % des visiteurs. L’île la plus peuplée d’Espagne multiplie les records : elle abrite notamment le Teide, plus haut sommet du pays (3 718 m), véritable toit de l’Atlantique et troisième plus haute montagne volcanique du monde (après deux volcans hawaïens) si l’on compte depuis le fond de l’océan (7 500 m). Sur ses pentes se niche Vilaflor, le plus haut village d’Espagne, perché à 1 400 mètres d’altitude.


À l’ouest, les bien nommées falaises de Los Gigantes, parmi les plus hautes d’Europe, dressent une impressionnante forteresse, un mur de basalte de 600 mètres plongeant à pic dans l’océan Atlantique. Sur les hauteurs de Los Gigantes (un superbe sentier relie les deux sites), Masca offre une incursion saisissante : un village spectaculaire, accroché à un cirque volcanique, suspendu entre ciel et ravins, dans un décor digne de la cordillère des Andes.

© Nicolas Pelé – Pico del Teide, le toit de l’Atlantique.

Le Teide : seigneur de Tenerife

Dominant Tenerife de toute sa silhouette parfaite, le Teide est bien plus qu’un volcan : c’est l’axe autour duquel s’est construite l’île. Culminant à 3 718 mètres, il est le plus haut sommet d’Espagne et le véritable toit de l’Atlantique. Né des entrailles de l’océan, le volcan déploie une hauteur totale de près de 7 500 mètres depuis le plancher océanique, ce qui en fait la troisième plus haute montagne volcanique du monde si l’on considère sa base sous-marine. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le parc national du Teide offre un paysage lunaire saisissant, où coulées de lave figées, roches ocres et cratères sculptent un décor hors du temps, rappelant la puissance originelle qui a façonné Tenerife. Ces paysages aux accents martiens ont servi de décor à plusieurs films de science-fiction d’Un million d’années avant J.-C. au Choc des Titans.

© Nicolas Pelé – Sa majesté le Teide, seigneur de Tenerife.
© Nicolas Pelé – Le Teide est souvent enneigé de décembre à mars.
© Nicolas Pelé – Impressionnantes formations rocheuses Roques de García : un paysage extraterrestre, idéal pour y tourner un film de science-fiction !
© Nicolas Pelé – Décor martien ou lunaire.
© Nicolas Pelé – A l’assaut du Teide en téléphérique.
© Nicolas Pelé – Le téléphérique du Teide relie la station inférieure (à 2 356 m d’altitude) à la station supérieure (à 3 555 m) en seulement 8 minutes.
© Nicolas Pelé – Les cabines (capacité 44 personnes) offrent des vues panoramiques époustouflantes sur la caldera, les roques volcaniques et l’océan au loin.
© Nicolas Pelé – Par temps clair, on aperçoit les îles de La Gomera, La Palma, El Hierro et Gran Canaria.

Le mythe du Teide chez les Guanches

Pour les Guanches, premiers habitants de Tenerife, le Teide n’était pas une simple montagne, mais un lieu sacré et redouté qu’ils nommaient Echeyde, « le lieu infernal ». Ils croyaient que le volcan abritait Guayota, un esprit maléfique du feu et des profondeurs de la terre, responsable des éruptions et des grondements de la montagne. Selon la légende, Guayota aurait un jour enlevé Magec, le dieu du Soleil, plongeant l’île dans l’obscurité. Les Guanches implorèrent alors Achamán, le dieu suprême du ciel, qui descendit sur l’île, libéra le Soleil et enferma Guayota au cœur du Teide, scellant l’entrée de l’enfer sous une immense pierre. Les fumées et les colères du volcan étaient ainsi interprétées comme les tentatives du démon pour s’échapper, rappelant la puissance et le caractère sacré de cette montagne centrale dans la vision du monde guanche.

© Nicolas Pelé – Le parc national du Teide abrite l’un des sites d’observation solaire les plus élevés (2 390 m), classé parmi les trois meilleurs au monde (avec le Mauna Kea à Hawaii et Atacama au Chili) pour l’observation astronomique, surtout solaire. Il abrite le plus grand ensemble de télescopes solaires d’Europe (et du monde pour certains instruments).
© Nicolas Pelé – On aperçoit bien le cratère.
© Nicolas Pelé – Décor martien ou lunaire : idéal pour y tourner un film de science-fiction !
© Nicolas Pelé – Si vous avez le permis gratuit (obligatoire, à réserver des mois à l’avance sur tenerifeon.es), vous pouvez tenter l’ascension finale au sommet (163 m de plus).
© Nicolas Pelé – Le paysage lunaire de Las Cañadas del Teide a servi de décor pour préparer les astronautes à la mission Apollo.
© Nicolas Pelé – Des passerelles métalliques facilitent l’exploration des lieux.
© Nicolas Pelé – Les sentiers sont très bien aménagés.
© Nicolas Pelé – Vol au-dessus du cratère.
© Nicolas Pelé – Dépaysement total au parc national du Teide, classé à l’UNESCO.
© Nicolas Pelé – L’une des routes les plus spectaculaires de la planète, au milieu des champs de lave.
© Nicolas Pelé – Le Teide est un stratovolcan complexe, construit par empilement de coulées successives plutôt que par une seule éruption massive.
© Nicolas Pelé – Forêt de pins canariens au pied du Teide. Ces arbres sont fascinants : ils sont résistants au feu et peuvent repartir après une éruption ou un incendie. Leurs aiguilles captent l’humidité des nuages.
© Nicolas Pelé – Au loin se dégage l’île de La Palma.

Masca, le village perché hors du temps

Perché au creux des gorges escarpées de Tenerife, Masca semble tout droit sorti de la cordillère des Andes. Ses maisons en pierre et toits rouges s’accrochent aux flancs de la montagne comme si elles défiaient la gravité, et le village entier semble suspendu entre ciel et mer. Longtemps isolé du reste de l’île, ce minuscule village autrefois refuge de pirates et de bergers se découvre autour de sa petite église du XVIIIe siècle et de la place centrale, ombragée par un majestueux dragonnier, véritable point de ralliement du hameau.

Quelques maisons, un centre d’information et de découverte, un restaurant et de superbes palmiers composent ce décor paisible, presque hors du temps. Tout ici invite à la contemplation, d’autant que le regard se perd vers un piton abrupt aux allures de Machu Picchu, surgissant des ravins dans un panorama vertigineux.

La route sinueuse qui mène à ce village perdu est spectaculaire, sujet au vertige s’abstenir… Il est fréquent de devoir s’arrêter sur le côté pour laisser passer les voitures d’en face, car si la route est étroite elle n’est pas en sens unique ! À chaque détour, chaque virage en épingle, on a envie de s’arrêter pour prendre une photo du panorama.

© Nicolas Pelé – Panorama depuis la route menant à Masca.
© Nicolas Pelé – Des routes sinueuses.
© Nicolas Pelé – Sujet au vertige s’abstenir…
© Nicolas Pelé – Un panorama spectaculaire.
© Nicolas Pelé – On a envie de s’arrêter à chaque virage pour faire une photo…
© Nicolas Pelé – L’Ermita de Nuestra Señora de la Inmaculada Concepción (église du XVIIIe siècle).
© Nicolas Pelé – La place centrale (Plaza de Masca) où se trouve l’église est ombragée par un grand dragonnier, arbre emblématique qui sert de point de ralliement.
© Nicolas Pelé – Bar restaurant La Piedra sur la place centrale (Plaza de Masca) où se trouve l’église.

Le Camino del Barranco de Masca, aussi appelé Masca Gorge Trail, compte parmi les randonnées les plus emblématiques et spectaculaires de Tenerife. Au départ du hameau de Masca, à 750 mètres d’altitude, le sentier plonge au cœur du Parc rural de Teno avant de rejoindre, en environ quatre heures de marche, une plage sauvage nichée au fond du barranco, face aux impressionnantes falaises de Los Gigantes. Depuis 2025, l’accès est strictement réglementé : la réservation est obligatoire sur le site officiel caminobarrancodemasca.com.

© Nicolas Pelé – A l’assaut du village de Masca.
© Nicolas Pelé – Le « Machu Picchu des Canaries ».
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Vilaflor : le plus haut village d’Espagne

Perché à 1 400 mètres d’altitude sur les pentes du Teide, Vilaflor est le plus haut village d’Espagne et l’un des plus authentiques de Tenerife. Ses ruelles pavées et maisons traditionnelles en pierre se nichent au milieu de pins centenaires, offrant un contraste saisissant avec les vastes paysages volcaniques alentours. Loin de l’agitation des stations balnéaires, il séduit par son atmosphère paisible et son ancrage dans la culture canarienne.

Le cœur du village s’organise autour de l’église San Pedro Apóstol et du Santuario del Santo Hermano Pedro, tandis que l’ermitage de San Roque rappelle l’importance des fêtes religieuses dans la vie locale. À quelques pas, la boutique Roseta mérite une visite : dans son atelier, Rosi fait découvrir avec passion l’art minutieux de la roseta, une dentelle traditionnelle façonnée à la main.

Entouré de pinèdes et de sentiers de randonnée, Vilaflor constitue aussi une porte d’entrée idéale vers le parc national du Teide. Une petite faim avant de partir à l’assaut du Teide ? Prenez des forces au restaurant Entre Rutas, qui sert une délicieuse cuisine canarienne simple et savoureuse.

© Nicolas Pelé – Balcon canarien traditionnel.
© Nicolas Pelé – Jardin et escalier menant à la Plaza Francisco Ortuño, cœur paisible et historique de Vilaflor.
© Nicolas Pelé – L’église San Pedro Apóstol (saint Pierre l’Apôtre, XVIIᵉ siècle), joyau de l’architecture canarienne traditionnelle, se distingue par ses murs blancs et ses pierres volcaniques noires. Au premier plan, l’étrange sculpture évoquant un pouce représente en réalité un bras et une main pointant vers une petite cloche posée à ras du sol, en hommage à Pedro de San José Betancur (né à Vilaflor en 1626). Premier saint des Canaries, canonisé en 2002, et saint patron du Guatemala, il est surnommé le « Saint François d’Assise des Amériques ». Cet œuvre contemporaine de l’artiste Alejandro Tosco a été inaugurée le 1er décembre 2024.
© Nicolas Pelé – Les voûtes en bois et les murs épurés mettent en valeur des retables sculptés et dorés.
© Nicolas Pelé – L’église abrite plusieurs retables d’une grande beauté.
© Nicolas Pelé – Santuario del Santo Hermano Pedro : Ce petit temple de pèlerinage catholique, érigé sur le site de la maison natale de Santo Hermano Pedro (Pedro de San José Betancur, saint patron local), semble avoir été édifié il y a plusieurs siècles. Achevé en 2002, il adopte volontairement le style architectural canarien traditionnel — pierres volcaniques noires et murs blanchis à la chaux — pour s’intégrer harmonieusement au cœur historique de Vilaflor.
© Nicolas Pelé – Boutique Roseta : l’atelier de Rosi, qui perpétue l’art délicat de la roseta canarienne.
© Nicolas Pelé – Génération après génération, les femmes de Vilaflor ont réalisé à la main ces travaux d’une grande difficulté et d’une grande beauté.
© Nicolas Pelé – Cuisine canarienne simple et généreuse au restaurant Entre Rutas : ici les fameuses papas canarias à la sauce mojo rouge et verte.

Los Gigantes, les falaises qui défient l’Atlantique

Dominant l’océan de toute leur majesté, les falaises de Los Gigantes s’élèvent jusqu’à 600 mètres au-dessus des eaux turquoise, offrant un spectacle à couper le souffle. Au pied de ces géants de pierre, le village paraît minuscule. Son port de plaisance animé — cafés, terrasses, restaurants et boutiques au bord de l’eau — est le point de départ d’excursions pour observer dauphins et baleines (et plus rarement cachalots ou orques), qui croisent en nombre dans ce secteur exceptionnel pour les cétacés.

Il faut dire que le fond marin plonge ici très rapidement : en quelques encablures, on passe de quelques dizaines de mètres à près de 2 000 mètres de profondeur ! Cette particularité est liée à un canyon sous-marin, l’un des plus profonds de l’Atlantique, permettant à des espèces qui vivent normalement au large de s’approcher très près des côtes. La température de l’eau, relativement stable toute l’année, favorise en outre la présence de populations résidentes.

Jouxtant le port de Los Gigantes, une petite plage discrète se dévoile presque par hasard, au bout d’une allée semblant mener à un cul-de-sac : Playa de los Guíos, une plage de sable volcanique noir nichée au pied des falaises.

© Nicolas Pelé – Le port de plaisance de Los Gigantes.
© Nicolas Pelé – Playa de los Guíos : la petite plage emblématique de Los Gigantes, juste au pied des falaises.
© Nicolas Pelé – Playa de los Guíos à Los Gigantes : plage de sable volcanique noir au pied des falaises de Los Gigantes.

L’exceptionnelle piscine du Gran Meliá Palacio de Isora

Le Gran Meliá Palacio de Isora abrite la plus longue piscine à débordement d’eau salée d’Europe : près de 5 000 m² de surface et environ 260 mètres de longueur, face à l’océan. Au coucher du soleil, la belle silhouette de La Gomera, située à une trentaine de kilomètres, se dessine à l’horizon dans une lumière spectaculaire. À Tenerife, le Teide ne nous quitte jamais : visible depuis le hublot de l’avion, il accompagne le séjour jusque dans l’enceinte de l’hôtel, comme dans de nombreux établissements de l’île. Le soir, l’imposante place centrale s’anime avec spectacles et animations, créant une ambiance chaleureuse et conviviale. Si le buffet de l’hôtel est excellent et varié, il ne faut pas hésiter, certains soirs, à sortir du resort : une promenade le long du front de mer mène au village voisin d’Alcalá, où l’on trouve plusieurs restaurants typiques. On s’y régale pour des prix très raisonnables, notamment au Bar Tapas y Vino Rincón Canario.

© Nicolas Pelé – L’hôtel possède la plus grande piscine à débordement d’eau salée en Europe, avec environ 5 000 m² et jusqu’à 260 m de longueur !
© Nicolas Pelé – Le soleil se couche sur La Gomera, situé à une trentaine de kilomètres en face.
© Nicolas Pelé – Le Teide ne nous quitte jamais à Tenerife, du hublot de l’avion à l’hôtel Gran Melia Palacio de Isora et la plupart des hôtels de l’île…
© Nicolas Pelé – L’imposante place centrale du Gran Melia Palacio de Isora où se déroulent les animations le soir.
© Nicolas Pelé – Ambiance piano bar à la lueur des bougies le soir.
© Nicolas Pelé – Une promenade le long du front de mer mène au village voisin d’Alcalá, où l’on trouve plusieurs restaurants typiques. On s’y régale pour des prix très raisonnables, notamment au Bar Tapas y Vino Rincón Canario.
© Nicolas Pelé – Le Teide en majesté lors de la traversée en ferry direction La Gomera.
© Nicolas Pelé – Et si, finalement, le plus beau point de vue sur le Teide n’était pas… depuis La Gomera ?

Publié par Nicolas Pelé

Le voyage est la passion de ma vie : chaque départ est une aventure, peu importe la destination, et chaque fois que je prends l'avion, c'est comme la première fois.

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