Immersion dans le dernier sacre de l’Histoire de France
Le 10 avril 2025, j’ai eu l’opportunité de visiter l’exposition « Le Dernier Sacre », organisée à l’occasion du bicentenaire du couronnement de Charles X, sacré à Reims le 29 mai 1825. Présentée jusqu’au 20 juillet à la manufacture des Gobelins, dans le XIIIe arrondissement de Paris, l’exposition propose une plongée spectaculaire dans les fastes de l’ancienne monarchie.

Lors de cette visite privée, nous avons eu le privilège d’être guidés par Stéphane Bern, commissaire général de l’exposition, Hervé Lemoine, président des Manufactures nationales, et le scénographe Jacques Garcia, à l’origine de la somptueuse reconstitution du sacre.

Dès le départ, Stéphane Bern donne le ton : « Quand on m’a proposé de travailler sur cette exposition, je n’étais pas très enthousiaste. Charles X, roi ultra qui n’avait tiré aucune leçon des bouleversements de la Révolution française et de l’Empire, m’était antipathique, notamment pour ses atteintes à la liberté de la presse avec les ordonnances de 1830, qui ont précipité sa chute. » Jacques Garcia, plus incisif, renchérit : « Charles X m’insupporte, c’est un personnage détestable ! » Pourtant, tous deux s’accordent : ce n’est pas l’homme, mais le rituel du sacre qui captive. Hérité des cérémonies allant de Clovis à Louis XVI, celui de Charles X en 1825 incarne la dernière grande manifestation de la monarchie de droit divin.
Contexte historique
Après la mort de Louis XVIII le 16 septembre 1824, son frère Charles X lui succède. Rappelons qu’ils étaient tous deux les frères de Louis XVI. L’organisation du sacre se fait dans l’urgence, en huit mois, avec l’ambition de rivaliser avec celui du roi britannique George IV. En hâte, on fouille les archives – le sacre précédent, celui de Louis XVI, remonte à 1775 – pour retrouver le cérémonial d’Ancien Régime, concevoir le décor des édifices concernés et dessiner les costumes des participants.… Ce couronnement grandiose, tombé ensuite dans l’oubli à cause de la chute rapide du roi en 1830, marque pourtant une apogée des arts décoratifs français. Les artisans d’art mobilisés – tapissiers, ébénistes, orfèvres, modistes, tisserands – ont œuvré avec un savoir-faire exceptionnel, héritage de traditions remontant à François Ier.
Une scénographie grandiose et immersive



L’exposition s’ouvre sur les funérailles de Louis XVIII, accompagnées d’un requiem. S’ensuit un parcours où étoffes, bronzes, bois doré, orfèvrerie et broderies illustrent le raffinement de l’époque. Stéphane Bern précise que plus de 16 000 fleurs de lys, symbole royal, ornent l’exposition.

La scénographie transporte littéralement le visiteur à Reims : costumes d’apparat, décors reconstitués, sons d’époque (notamment l’opéra Le Voyage à Reims de Rossini), tout est conçu pour faire revivre cette cérémonie hors norme. Un arrêt marquant est celui de la Sainte Ampoule, flacon mythique contenant l’huile sacrée utilisée pour oindre les rois de France, selon une tradition remontant au baptême de Clovis par Saint Remi.

Mais une superbe reproduction permet d’en admirer les détails majestueux. Et pour mieux se projeter dans cette procession royale, la musique de Rossini accompagne la scénographie… « Le Voyage à Reims », bien sûr !



L’exposition permet aussi de mieux comprendre la monarchie de la Restauration, partagée entre nostalgie de l’Ancien Régime et concessions aux acquis de la Révolution. On redécouvre un rituel figé dans le temps, au moment même où la France entre dans l’ère industrielle.
Le sacre de Charles X, en 1825, fut le dernier organisé en France. Louis XVIII, restauré sur le trône, renonça à cette cérémonie par prudence politique et en raison de sa santé fragile. Son successeur, Louis-Philippe, préféra une simple prestation de serment devant les Chambres en 1830, marquant une rupture avec la tradition monarchique. Napoléon III, quant à lui, envisagea un sacre pour asseoir sa légitimité, mais y renonça face à l’opposition du pape Pie IX et à des considérations politiques. Aujourd’hui, seules quelques monarchies, comme celle du Royaume-Uni, perpétuent ces fastes. Avec ses décors somptueux, ses costumes d’apparat et ses rituels codifiés, le couronnement de Charles X n’avait rien à envier aux cérémonies britanniques.

Stéphane Bern anime la visite avec ses bons mots et anecdotes savoureuses, émaillant son récit de citations piquantes. Un jeune Victor Hugo, poète prometteur de 23 ans et monarchiste avant de devenir républicain, assista au sacre de Charles X, qu’il glorifia dans son ode « Le Sacre de Charles X ». Face au faste théâtral de la cérémonie, il aurait lancé avec une pointe d’ironie : « Où est ma loge ? » Bern rapporte aussi une remarque attribuée à Hugo : « Chateaubriand se croit sourd depuis qu’on ne parle plus de lui. » Ou encore, à propos de Louis XVIII, affaibli par la goutte : « Vous vous plaignez d’un roi sans jambes, vous aurez un roi sans tête », allusion à la chute de Charles X en 1830, contrairement à Louis XVI, décapité en 1793. L’exposition révèle une anecdote charmante : en route vers Reims, Charles X fit halte dans la maison d’un meunier, où un lit royal fut installé pour son confort, offert ensuite à son hôte en guise de gratitude.



Le Hilton Paris Opera inaugure son nouveau restaurant : le « Quai 108 »
Relié à la gare Saint-Lazare par la passerelle de l’Impératrice (aucune excuse pour rater son train), le Hilton Paris Opera fait partie des hôtels mythiques de la capitale. Il vient d’inaugurer son nouveau restaurant « Le Quai 108 », où un délicieux brunch est servi chaque samedi et dimanche de 11h à 16h.
Un peu d’histoire
Inauguré en même temps que la tour Eiffel en 1889 à l’occasion de l’Exposition Universelle, le Grand Hôtel Terminus, aujourd’hui Hilton Paris Opera, fait sensation : électricité, téléphone, ascenseur, le grand luxe pour l’époque ! Il accueille des hôtes prestigieux, tel Claude Monet, qui fait de l’établissement son « pied-à-terre », lorsqu’il quittait sa maison de Giverny.



En 2023, une nouvelle page d’histoire se tourne avec l’inauguration du restaurant Quai 108, en lieu et place du Pain Quotidien. Pourquoi 108 ? C’est tout simplement l’adresse de ce nouveau lieu branché : 108 rue Saint-Lazare. Quant au quai, une référence aux quais du port du Havre, terminus des trains en provenance de la gare Saint-Lazare mitoyenne, d’où partaient les paquebots, direction l’Amérique !

Un Brunch inspiré de la street food

- Jus de fruit frais : Orange ou pamplemousse ou detox (carotte, concombre et gingembre).
- Boisson chaude au choix : Espresso, décaféiné, café crème, chocolat chaud, ou un assortiment de thés (Darjeeling, Earl Grey, English Breakfast, vert bio, menthe bio, symphonie de fruits).
- Viennoiseries : Mini croissant, mini pain au chocolat, pancake aux myrtilles (un délice !), assortiment de pains, beurre grand cru Lescure de Poitou-Charentes, confiture.
- Œuf Bénédicte sur muffin anglais, avec saumon fumé ou bacon ou végétarien : le point d’orgue de ce brunch !
- Le Paname – Early burger : Pain brioché, œuf dur, jambon de Paris, mayonnaise, ciboulette et la petite touche originale : graines de moutarde (mais pas fort du tout, juste comme il faut).
- Avocado toast : Pain complet, avocat, grenade, féta, roquette.
- Bowl açai : Banane, kiwi, ananas, passion, muesli, coco râpée et fruit du dragon (pitaya).
- Assortiment de pâtisseries : Mini cookie, brioche perdue, cake au citron.

Disponible chaque samedi et dimanche de 11h à 16h pour 39 € par personne, ce brunch est clairement l’un des meilleurs de Paris, et très copieux, dans un cadre qui détonne avec son design industriel. Un conseil, réservez-vous pour les spécialités et terminez si vous avez encore faim par les classiques viennoiseries et pains, sachant qu’ils sont signés par le Meilleur Ouvrier de France, Frédéric Lalos.



Au menu du restaurant, street food du monde
En semaine, place aux tapas espagnol, tacos mexicains, mezzés libanais, burgers américains, raviolis et pains bao asiatiques, brochettes japonaises, pains pita arabes… sans oublier les douceurs, comme ce riz au lait aux airs de maki japonais ou encore maki mangue passion atsina cresse. A savourer de 8h à 22h.

Durant les beaux jours, on s’installe en terrasse en admirant juste en face une étonnante façade d’un immeuble en bois tout droit sortie d’Alsace ! Classée monument historique, cette ancienne brasserie alsacienne construite en 1892 abrite aujourd’hui un Mac Do ! Mais quittons le 119 rue Saint-Lazare et retournons au 108 rue Saint-Lazare, où se trouve notre bien nommé Quai 108.

Ouvert matin, midi et soir, le nouveau restaurant du Hilton Paris Opéra détone avec son menu cosmopolite aux inspirations « street-food » ! Aux commandes de cette nouvelle adresse tendance de la capitale, le chef Mathieu Afonso élabore une cuisine moderne aux nombreuses associations de saveurs, terre-mer et de fusion. Puisant son inspiration dans les grands classiques de la street food mondiale, il nous surprend avec ses gyozas végétariens, scones au cheddar maturé ou encore bao végan… Enfin pour la boulangerie, c’est le pain du Meilleur Ouvrier de France Frédéric Lalos qui est proposé au restaurant.








Le Padam célèbre l’anniversaire d’Edith Piaf : 60 ans de la mémoire d’une icône
Padam, padam, padam… impossible de ne pas fredonner le refrain de cette célèbre chanson d’Edith Piaf en arrivant devant le Padam, tout nouveau boutique hôtel situé dans le triangle d’or à deux pas des Champs-Elysées. Surtout quand on s’y rend pour assister à la dernière des trois soirées Edith Piaf organisées dans son restaurant, le bien nommé « Edith » !


La plus célèbre chanteuse française dont la voix légendaire résonne encore sur les cinq continents nous a quittés il y a 60 ans cette année 2023. C’était le 10 octobre 1963 à Plascassier, hameau près de Grasse. Pour célébrer cet anniversaire, le Padam et son restaurant Edith étaient le lieu tout indiqué pour rendre hommage à l’icône française, Édith Giovanna Gassion, née le 19 décembre 1915 sur les marches de la porte d’entrée de l’immeuble situé au 72 rue de Belleville. C’est dans ce même quartier de Belleville, où se trouve le cabaret Padam, qu’Edith démarra sa carrière.

Ce n’est donc pas un hasard si l’hôtel Padam a débuté ses trois soirées en hommage à la Môme le mardi 19 décembre 2023 (jour anniversaire d’Edith Piaf), suivie du mercredi 20 et du jeudi 21 décembre. L’occasion de savourer des plats emblématiques délicieusement rétro comme l’Œuf mimosa et les Poireaux vinaigrette moutardée, qui évoquent l’époque de Piaf, tout en écoutant les plus belles chansons de l’artiste interprétées par la chanteuse Louisa Metaireau.

Pour démarrer en douceur sous le ciel de Paris, on prendra en apéro le cocktail sans alcool « La Vie en Rose ». En tant que plat principal, le restaurant met en avant le « Bœuf Ficelle, » une création qui incarne la simplicité et l’authenticité que Piaf chérissait. Cette spécialité culinaire est un véritable hymne à l’amour et se savoure sans la foule, ou plutôt en l’écoutant ! Les Saint-Jacques au gratin ajoutent une touche de raffinement à ce repas commémoratif. Côté desserts, le Riz au lait à la vanille mais aussi un délicieux soufflé au chocolat, mon Dieu quel délice, clôturent ce voyage culinaire en douceur. Non, rien de rien, je ne regrette rien de cette soirée hommage à Edith Piaf au Padam, même si Milord n’est pas venu s’assoir à notre table !





