Escapade volcanique au Puy-de-Dôme de Clermont-Ferrand à Vulcania

Eteints les volcans d’Auvergne ? Endormis plutôt, ce qui n’est pas le cas de Clermont-Ferrand, la capitale de l’Auvergne qui regorge de trésors, à quelques minutes de Vulcania, l’unique parc à thème sur les volcans d’Europe. Ici, les volcans sont bel et bien actifs, sur le plus grand écran d’Europe, dans un cinéma dynamique simulant une éruption dans la Chaîne des Puys, ou encore dans l’un des plus innovants planétariums de la planète. L’aventure se poursuit au volcan voisin de Lemptégy, encore un site unique en Europe (vous verrez pourquoi), avant de filer à bord du Panoramique des Dômes, qui vous dépose au sommet du puy de Dôme : magique !

© J-Damase – Vulcania au premier plan, le puy de Côme au second, puis le puy de Dôme en arrière plan, en direction du sud, reconnaissable à son antenne.

Avant de partir explorer Vulcania et les volcans de la Chaîne des Puys, classés au patrimoine de l’UNESCO, il serait dommage de ne pas profiter des richesses de Clermont-Ferrand, passionnante capitale et porte d’entrée de l’Auvergne.

Clermont-Ferrand, la ville noire, capitale de l’Auvergne

© ICP-CAT – La cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption est construite en pierre volcanique de Volvic, ce qui lui confère son aspect noir si original ! On aperçoit juste devant la statue du pape Urbain II, qui prononça ici même le 27 novembre 1095 l’appel à la croisade, la première d’une longue série. Il désigne de sa main droite la direction de la Terre Sainte.

Ecrivain auvergnat notoirement méconnu, Alexandre Vialatte, qui écrivit pour le journal La Montagne près de 900 chroniques (il en inventa le genre), disait à propos de Clermont-Ferrand : « Pascal aimait tellement l’Auvergne qu’il naquit à Clermont-Ferrand. C’est une ville noire comme le jansénisme, percée de rues au bout desquelles on voit le ciel comme dans les Pensées. Elle est noire parce qu’elle est en pierre de Volvic, fille du feu des puys où va brouter la chèvre. Et elle est en pierre de Volvic parce que la chèvre en laisse tellement que les Auvergnats en bâtissent leurs églises, leurs Caisses d’Epargne et leurs maisons ».

© Hemis – MONTICO Lionel – Clermont-Ferrand, panorama depuis la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption.

Trois grandes figures ont marqué la ville de leur présence : durant l’Antiquité, Vercingétorix, le héros qui a vaincu Jules César au plateau de Gergovie (à une dizaine de kilomètres au sud de Clermont-Ferrand), au Moyen Âge le pape Urbain II, qui appela à la première croisade en 1095, et pour l’Epoque moderne Blaise Pascal, mathématicien, physicien, philosophe, moraliste et théologien, célèbre pour ses Pensées et ses expériences sur la pression atmosphérique. Il fait installer deux bains de mercure : un au sommet du puy de Dôme et un sur la place de Jaude à Clermont-Ferrand, démontrant ainsi l’existence de la pression atmosphérique. L’unité internationale de la pression est le pascal (Pa), en hommage à ses travaux. Comme si cela ne suffisait pas, c’était aussi un inventeur, notamment de la première machine à calculer, la Pascaline, mais aussi des carrosses à cinq sols, première expérience au monde de transport en commun urbain.

Ces trois personnages illustres de l’histoire de la ville ont une médaille à leur effigie incrustée au sol un peu partout. Vercingétorix et Urbain II ont même leur statue : Vercingétorix regarde vers l’ouest et le puy de Dôme, tandis que le pape Urbain II montre du doigt la direction opposée, l’est et Jérusalem.

© Nicolas Pelé – Blaise Pascal est bien connu pour ses Pensées. Parmi celles-ci, son célèbre pari, qui encourage le sceptique à croire en Dieu, pour s’assurer une place au paradis. « Si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. »
© Nicolas Pelé – Blaise Pascal naquit en 1623 à l’ombre de la cathédrale, au sens figuré comme au sens propre ! On peut lire en effet sur les dalles au pied de Notre-Dame-de-l’Assomption: « ici se trouvait la maison de Blaise Pascal ».
© Nicolas Pelé – Le jeune chef Arverne Vercingétorix bat César à Gergovie ainsi qu’à Bibracte en -52 av. J-C., mais il est vaincu et fait prisonnier à Alésia la même année. La tribu gauloise des Arvernes est d’ailleurs à l’origine du nom de la région, l’Auvergne ! 
© LUC OLIVIER – Située place de Jaude, la statue équestre en bronze de Vercingétorix (4,5 mètres de haut pour 5 tonnes tout de même) est l’œuvre de Bartholdi (à qui l’on doit la statue de la Liberté à New York, mais aussi le Lion de Belfort au territoire éponyme, ainsi qu’à Paris, place Denfert-Rochereau). Regardant en direction du puy de Dôme vers l’ouest, Vercingétorix dresse son glaive sur un cheval cabré, un soldat romain mort à ses pieds. Quand on demande aux habitants de Clermont-Ferrand combien de pattes du cheval reposent sur le socle, rares sont ceux qui disent zéro…
© Nicolas Pelé – Le pape Urbain II appela à la première croisade à la fin du concile de Clermont le 27 novembre 1095.
© Nicolas Pelé – Place de la Victoire face à la cathédrale, on peut voir une statue du pape Urbain II, appelant les chrétiens à aller jusqu’à Jérusalem (dont la direction indiquant l’est est pointée par sa main droite) pour délivrer le Saint-Sépulcre et secourir les chrétiens d’Orient. 

Le forum de la ville gallo-romaine d’Augustonemetum, littéralement sanctuaire d’Auguste, se trouvait à l’emplacement de la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption et de la place des Victoires. Clermont-Ferrand n’a pas toujours été une seule et unique ville ! Montferrand, ex cité voisine et rivale n’a été réunie avec Clermont qu’en 1731, donnant naissance à Clermont-Ferrand. Durant tout le Moyen Âge, la cité épiscopale de Clermont (montagne du clergé), la ville de l’évêque, où trône la cathédrale, était la rivale de Montferrand (montagne du fort), qui abritait le château des comtes d’Auvergne.

La cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption

Si le château n’existe plus, la cathédrale, édifiée en 1248, couronne toujours la ville. Et depuis 1884, ses deux flèches réalisées par Eugène Viollet-le-Duc s’élancent à près de 100 mètres de haut, une trentaine de mètres de plus que celles de Notre-Dame de Paris. Bref, on la remarque de loin, l’imposante cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption de Clermont ! Déjà, elle trône au sommet de la butte centrale qui forme le centre ancien de Clermont. Ensuite, elle est noire ! N’y voyez pas un signe de pollution : elle est tout simplement composée de pierre de Volvic, une roche volcanique originaire de la ville éponyme, mondialement connue pour sa source d’eau minérale naturelle. Cette particularité lui a valu le surnom de Cathédrale des Charbonniers. Et ça fait faire des économies à la ville qui n’a pas à la nettoyer, car la différence est ténue entre le noir de la pollution et la couleur naturelle de la pierre… D’ailleurs, une bonne partie de la ville de Clermont-Ferrand est construite en pierre de Volvic.

© Nicolas Pelé – Edifiées en 1884 par Eugène Viollet-le-Duc, qui a aussi réalisé la flèche de Notre-Dame de Paris, les deux flèches de la cathédrale de Clermont s’élèvent à 96 mètres, à comparer avec les 69 mètres de celle de Paris… Construite à partir de 1248, la cathédrale n’a été terminée qu’en 1903 avec le perron comme touche finale, près de 700 ans après le début de la construction !
© Nicolas Pelé – La cathédrale de Clermont-Ferrand est la seule en France à garder un témoignage du « Culte de la Raison et de l’Être suprême », toujours visible sur le fronton au-dessus du portail nord. On peut toujours lire l’inscription qui marquait alors toutes les églises de France durant la Révolution française : « Le peuple français reconnait l’Etre suprême et l’immortalité de l’âme ».
© Nicolas Pelé – Ce haut-lieu symbolique de l’Auvergne abrite en prime une prestigieuse collection de vitraux médiévaux, la plus belle en France après la Sainte-Chapelle, Chartres et Bourges.
© Nicolas Pelé – L’inscription « 1833 », située à 2 mètres du sol, marquant l’endroit où s’arrêtait la neige à cette date, nous rappelle qu’au XIXème siècle, les hivers étaient autrement plus rudes que de nos jours…

La basilique Notre-Dame-du-Port, classée par l’UNESCO

Mais il n’y a pas que la cathédrale gothique comme église remarquable à Clermont-Ferrand. Chef d’œuvre de l’art roman, la basilique Notre-Dame-du-Port est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, au titre des « Chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France ». Pourquoi ce nom de Notre-Dame-du-Port ? Nous sommes en plein centre de la France, la mer n’est pas à côté… Pas de fleuve ni de lac non plus, pas même une rivière, seulement un ruisseau, la Tiretaine, aujourd’hui enterrée… Mais alors ? Ce nom vient tout simplement du latin portus, lieu de marché, qui se tenait ici. Autre explication : Clermont-Ferrand, c’est le nord du sud de la France. On est encore en pays occitan. L’auvergnat fait partie des langues d’oc, et le port signifie le col. La rue du Port qui passe devant la basilique monte vers le sommet de la colline où trône la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption.

© Nicolas Pelé – La basilique Notre-Dame-du-Port est dotée d’une architecture exceptionnelle qui illustre la science et la maitrise des bâtisseurs du XIIème siècle. On admire un chevet en élévation pyramidale avec des décors inspirés de l’art byzantin.
© Nicolas Pelé – La basilique se caractérise par ses 320 chapiteaux, véritables livres de pierre, ses remarquables vitraux du XIXème siècle, réalisés à la fameuse manufacture de Sèvres, ainsi que l’arkose, une pierre blonde qui met en valeur les décors en pierre de lave. Tout comme la céramique, le vitrail, c’est l’art du feu, qui a particulièrement sa place au pays des volcans.
© Nicolas Pelé – Lors de travaux effectués dans la basilique en 1923, les ouvriers font une découverte fortuite : deux têtes en bois polychrome de la vierge et de l’enfant jésus, datant du Xème siècle, avaient été cachées dans un mur par un bon samaritain qui les avaient ainsi sauvés de la fureur des révolutionnaires. L’ensemble évoque de manière assez surprenante une antiquité égyptienne.

Clermont-Ferrand est construite sur près de 70 mètres de cendres, héritage d’une éruption datant de 156 000 ans. La cathédrale trône sur une butte, elle-même un anneau de cendre faisant partie d’un ancien volcan de 1 600 mètres de diamètre, enfoui sous la place de Jaude. Surveillée par la statue équestre de Vercingétorix, cette place se trouve au centre du cratère du maar de Jaude. On voit bien qu’à Clermont-Ferrand, on est déjà dans une ambiance volcanique ! Il est temps de partir pour Vulcania, à 15 km à l’ouest de la cathédrale…

On dort où ?

Hôtel Littéraire Alexandre Vialatte

C’est une évidence, à Clermont-Ferrand, on dort chez l’enfant du pays, l’écrivain auvergnat notoirement méconnu, Alexandre Vialatte, qui inventa un genre littéraire : la chronique ! Certes, il est décédé en 1971, mais il est omniprésent à l’hôtel Littéraire Alexandre Vialatte, sis au 16 place Delille à Clermont-Ferrand (et non pas à Lille). C’est en réalité à l’emplacement de cette place que le pape Urbain II aurait prêché la première croisade le 27 novembre 1095 et non devant la cathédrale.

© Nicolas Pelé – L’hôtel Littéraire Alexandre Vialatte bénéficie de la plus belle vue de Clermont-Ferrand, selon ses habitants. Quand il fait beau, ce qui n’était pas le cas en ce jour d’avril 2024 (ni en mai ni en juin de cette même année un peu partout en France), on jouit d’une vue imprenable sur le puy de Dôme juste en face !

L’hôtel de 63 chambres fait partie de la société des hôtels littéraires, des adresses quatre étoiles dans l’univers de grands écrivains, dédiés aux amoureux des livres. On retrouve ainsi le Jules Verne à Biarritz, le Gustave Flaubert à Rouen, et à Paris Marcel Aymé, Arthur Rimbaud et Le Swann (pour Marcel Proust).

© Nicolas Pelé – Un panorama splendide sur la Chaîne des Puys, la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption et la basilique Notre-Dame-du-Port, que l’on admire depuis la salle du petit-déjeuner située au 6ème et dernier étage.

Déjà, l’établissement est idéalement situé à mi-chemin entre la gare et la cathédrale, chacune à 10 minutes à pied. Ensuite, on jouit de la plus belle vue de Clermont-Ferrand. Et en effet, que ce soit du balcon de sa chambre ou de la salle du petit-déjeuner sur le toit-terrasse du 6ème et dernier étage, le panorama sur la Chaîne des Puys (classée UNESCO), la basilique Notre-Dame-du-Port (classée UNESCO) et la cathédrale noire de la capitale auvergnate est splendide !

© Nicolas Pelé – Vue sur la cathédrale depuis ma chambre…
© Nicolas Pelé – Comme partout dans l’hôtel, les chambres vous plongent dans l’univers d’Alexandre Vialatte. L’occasion avant de s’endormir de méditer sur l’une de ses nombreuses chroniques pleines d’humour ! Ici : « L’Auvergne produit des ministres, des fromages et des volcans ».

Vulcania, l’unique parc à thème sur les volcans d’Europe

C’est le fameux couple de volcanologues Maurice et Katia Krafft qui eurent l’idée d’un parc sur le thème des volcans, en 1986. Hélas, tués lors de l’éruption du Mont Unzen au Japon le 3 juin 1991, ils n’ont pas pu assister à la naissance de Vulcania, inauguré le 20 février 2002. Le rêve des époux Krafft de créer un parc scientifique au cœur du Puy-de-Dôme s’est donc concrétisé à postériori, à l’aide de l’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing, président du Conseil régional d’Auvergne, propriétaire du site (désormais Région Auvergne-Rhône-Alpes).

Ancien terrain militaire de 57 hectares niché à 1 000 mètres d’altitude (pensez à prendre une petite laine), le site est pleinement intégré au cœur de la Chaîne des Puys, classé au patrimoine de l’UNESCO depuis 2018 (c’est le seul bien naturel inscrit dans l’Hexagone), au sein du Parc Naturel Régional des Volcans d’Auvergne, à seulement 20 minutes de Clermont-Ferrand.

© Vulcania. Parc unique en Europe sur le thème des volcans, Vulcania n’occupe que 8 hectares sur les 57 hectares d’un site majestueux, dominé par certains des plus emblématiques volcans de la Chaîne des Puy, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Une architecture parfaitement intégrée dans le paysage

Bon point en cas de mauvaise météo : la majorité du site est enterré, donc pas de panique s’il pleut. C’est quand même mieux si le soleil est au rendez-vous pour apprécier le décor majestueux de la Chaîne des Puys, avec en point d’orgue le puy de Dôme, emblème de l’Auvergne, qui fait face au cône de 28 mètres de haut réalisé par l’architecte autrichien Hans Hollein, lauréat du prestigieux Pritzker Prize en 1985.

Même si l’on bénéficie d’une vue imprenable sur le puy de Dôme au loin, c’est bien le puy de Côme (une seule lettre de différence attention à ne pas confondre) qui surplombe Vulcania. C’est le deuxième plus haut volcan de la Chaîne des Puys (avec ses 1 252 mètres d’altitude), mais le puy de Côme (et pas Cône ni Dôme) n’est plus accessible au public depuis 2002, année de l’inauguration de Vulcania.

©Vulcania – L’emblématique cône (et pas Côme vous suivez ?) de 28 mètres de haut réalisé par l’architecte autrichien Hans Hollein s’insère parfaitement dans le paysage grandiose de la Chaîne des Puys, classées par l’UNESCO.
@Vulcania – L’extérieur du cône est recouvert de plaques de lave.
© Vulcania – Vue du haut du cône depuis les entrailles de Vulcania. L’intérieur est constitué de plaques en acier inoxydable, colorées par des vapeurs de titane suivant un procédé tenu secret, captant et réfléchissant la lumière du soleil sans éblouir. Cette couleur or évoque la richesse des volcans.

Les trois quarts du site, qui s’intègre parfaitement à son environnement volcanique, sont sous terre, répartis en quatre niveaux. Après un passage devant le geyser (un grand jet d’eau de 20 mètres de haut), on pénètre dans les entrailles de Vulcania par un impressionnant cratère de 38 mètres de profondeur. Grondements artificiels, rougeoiements, fumerolles, on se croirait vraiment dans un volcan ! Pour la petite histoire, le son que l’on entend est celui d’une véritable éruption, captée au Stromboli en Italie.

© Nicolas Pelé – On pénètre dans les entrailles de Vulcania par cet impressionnant cratère creusé dans la coulée provoquée il y a 30 000 ans par l’éruption du puy de Lemptégy, le volcan voisin, une visite passionnante et complémentaire de Vulcania.
© Nicolas Pelé – Effets spéciaux, volutes de fumées et grondements, ambiance volcanique garantie ! Attention de ne pas faire tomber son téléphone en prenant une photo au-dessus de ce vertigineux cratère de 38 mètres de profondeur
@Vulcania – Construite sur une coulée de lave, la serre symbolise la reconquête du végétal après une éruption. Les fougères arborescentes ont été importées de Nouvelle-Zélande et de Tasmanie.

Des attractions dynamiques et spectaculaires

L’ADN de Vulcania, parc scientifique et d’attractions, c’est apprendre en s’amusant. La pédagogie est le fil conducteur du parc qui propose de nombreuses animations, spectacles (sous un chapiteau, en soirées nocturnes, avec des rapaces…) et autres ateliers (dans la peau d’un volcanologue, d’un astronaute…). Si vous aimez les Sciences de la Vie et de la Terre (SVT), vous serez comblés ! Bon, on ne fait pas trop de biologie ici, donc vous serez surtout incollable en science de la Terre et de l’Univers…

Une aventure immersive à la découverte des volcans vous attend, mais aussi des phénomènes naturels (séismes, ouragans…) et de la Terre dans l’Espace, avec des attractions aussi spectaculaires que ludiques : cinémas dynamiques chaussés de lunettes 3D, l’un des plus grands écrans d‘Europe (415 m²), l’un des plus grands planétariums d’Europe (écran courbé de 22 mètres de diamètre) bénéficiant des technologies dernier cri, une journée à Vulcania apporte son lot de sensations fortes, sans oublier une montagne russe simulant un tremblement de terre, aux effets décoiffants et surprenants (on ne dévoilera rien ici).

@Vulcania – Inauguré en 2023, le planétarium peut accueillir 300 personnes. Un voyage aux confins de l’univers, vers l’infini et au-delà !
@Vulcania – Certains ne voient pas le lien entre volcan et planétarium… En visualisant l’Aventure volcano-sidérale, ils apprendront que le système solaire est truffé de volcans, avec des éruptions encore actives sur Vénus (qui abrite la plus longue coulée de lave connue : 6 800 km !) ou Io, un des satellites de Jupiter. On verra aussi que l’Everest (8 849 mètres) n’est qu’une petite colline comparée au volcan Olympus sur Mars, point culminant du système solaire du haut de ses 23 km !
@Vulcania – Que ce soit le film d’animation Noisettes pour les enfants, l’Aventure volcano-sidérale ou VAST, qui nous emmène aux confins de l’univers, le planétarium de Vulcania est bluffant. L’incendie de février 2022 fut un mal pour un bien, permettant de bénéficier lors de l’inauguration en 2023 des toutes dernières technologies qui n’étaient pas présentes un an plus tôt… Sur la photo, la station spatiale internationale (ISS).
@Vulcania – Le Réveil des géants, qui simule le réveil des volcans de la Chaîne des Puys, est l’une des premières attractions de Vulcania, toujours aussi appréciée du public.
@Vulcania – L’attraction Volcans Sacrés vous emmène à travers les contes, mythes et légendes liés aux volcans dans les différentes civilisations du globe (Hawaï, Indonésie, Japon, Italie, Tanzanie…).
@Vulcania – Dans la peau d’un aigle royal, on survole l’Auvergne à bord de nacelles avec le Premier Envol. Direction Aurillac, le puy Mary, le Cantal (plus grand volcan d’Europe), le puy en Velay, le puy de Sancy, les monts Dore, le puy de Dôme et les gorges de l’Allier (dernière rivière sauvage d’Europe), dans des paysages dignes du Seigneur des Anneaux !
@Vulcania – Embarquez avec une équipe de sismologues sur une faille plutôt instable à bord du roller-coaster Namazu : sensations garanties ! Cette montagne russe sur le thème des séismes a été élue meilleure nouvelle attraction européenne 2021.
@Vulcania – Contrairement au Futuroscope, au Parc Astérix ou à Disneyland Paris, les temps d’attente dépassent rarement les plus de 30 minutes à Vulcania.

Et pour les enfants ?

Une multitude d’activités est proposée aux plus jeunes : la cité des enfants (en partenariat avec la Cité des Sciences et de l’Industrie), le film Mission Vulcania diffusé sur l’écran géant, le film Noisettes au planétarium, les spectacles Contes & légendes volcaniques (à Hawaï et au Japon) ou encore la rivière des minéraux, l’occasion de se mettre dans la peau des chercheurs d’or. A découvrir en extérieur également, la forêt des dragons, parcours en pleine nature sur le thème de ces créatures fantastiques à qui de nombreuses civilisations attribuèrent les éruptions volcaniques. Enfin, deux activités sont liées au vélo : la piste de BMX de Vulcain et les draisiennes de Tambora. Mais quel rapport avec les volcans ?

Une éruption volcanique à l’origine de l’invention du vélo

Le 5 avril 1815, l’éruption du volcan Tambora en Indonésie, huit fois plus puissante que celle du Vésuve, l’équivalent de 10 000 bombes Hiroshima, provoque en 1816 l’année sans été sur toute la planète. La conséquence ? Une famine si terrible que les hommes durent manger leurs chevaux, principal moyen de transport à l’époque. C’est pour cela qu’en 1817, le baron allemand Karl von Drais invente à Karlsruhe la draisienne, l’ancêtre du vélo (on rajoutera les pédales 50 ans plus tard).

On mange où ?

Le spot incontournable pour se restaurer à Vulcania, c’est le bien nommé Le Panorama. On savoure de délicieuses planches de produits du terroir (fromage, charcuterie…) tout en admirant la vue sur le cratère emblématique de Vulcania et la Chaîne des Puys. Et pour varier les plaisirs, on peut opter pour le Comptoir du Cratère (burgers et salades maison), la Cafétéria des Puys, le Magma Café (snacking dans la Serre) ou encore le Kiosque Namazu (sandwichs, pâtisseries…), en extérieur.

© Nicolas Pelé – Planche auvergnate au restaurant Le Panorama, où l’on savoure fromages et charcuterie made in Auvergne.

Dans les entrailles du volcan de Lemptégy, un site unique en Europe

Un site unique en Europe ? Et oui, car il n’y a pas d’équivalent d’un lieu où l’on se trouve au cœur d’un volcan, littéralement à l’intérieur ! Et pourtant, l’essentiel se passe en extérieur, pas de grotte ni de souterrain ici, mais alors ? Le cratère a explosé lors d’une éruption il y a 30 000 ans, bref, il a disparu, et le volcan s’est endormi jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale. Après 1945, les hommes l’ont réveillé, le site ayant servi de carrière pour reconstruire les villes de Normandie et notamment Rouen. On s’est ensuite aperçu que cette colline était particulière. Et on a tout stoppé. Nous sommes à 80 mètres sous le cratère (aujourd’hui disparu) et l’on contemple deux cheminées d’où remontait le magma (qu’on appelle lave quand il arrive à l’air libre).

© Nicolas Pelé – Rien ne vaut une maquette pour comprendre le site de Lemptégy.

La visite commence par un parcours immersif de 30 minutes en toute autonomie qui présente l’histoire familiale du site. Intitulé « Un volcan et des hommes », ce parcours ludique et interactif est un excellent prélude avant de partir sur le terrain. On se familiarise avec le volcan de Lemptégy afin de mieux l’appréhender.

© Lemptégy – La visite commence par un parcours immersif de 30 minutes qui explique l’histoire du site.

Ensuite, place à la visite guidée dans les entrailles du volcan, à 80 mètres sous l’ancien cratère, en train électrique ou à pied, lors d’une exploration ludique et pédagogique, au milieu des coulées de laves, des cheminées, des bombes et des scories (lave solidifiée). Le public découvre ce lieu tout droit sorti de la planète Mars, et un animateur expert nous explique de manière passionnante l’histoire du puy de Lemptégy. En réalité, il y a deux collines, deux cheminées, donc deux volcans, il y a eu deux éruptions.

Ce site, témoignage de l’activité volcanique d’une partie de la Chaîne des Puys, est aussi un puits de savoir. C’est La Mecque des volcanologues (on ne dit plus vulcanologue, référence à Vulcain, dieu des volcans), sans oublier géologues, botanistes et autres scientifiques du monde entier, qui viennent lire ce véritable livre à ciel ouvert ! Et ici, on ne se fera pas gronder si on prélève quelques pierres volcaniques en souvenir, au contraire, on vous le propose ! On peut récolter des scories en souvenirs (mais pas des bombes, grosses scories pouvant peser 60 tonnes soit trois bus scolaires…).

© Nicolas Pelé – Le vert pomme des mousses fait ressortir le rouge et le noir des roches volcaniques. Un paysage que l’on retrouve en Islande.

Puis le clou de la visite, ce sont deux attractions dynamiques qui dévoilent les secrets de la formation de la Chaîne des Puys et de la faille de Limagne, et remontent sur plus de 30 000 ans aux origines du volcan pour vous faire revivre les éruptions. D’abord Le Volcan Express : embarquement immédiat à bord d’un wagon qui traverse la région en simulant une nouvelle éruption dans la Chaîne des Puys, sensations garanties ! Puis Aux Origines, cinéma dynamique 4D qui nous fait notamment revivre la terrible éruption du maar du Pavin, il y a 6 700 ans, à laquelle assistèrent médusés les tribus nomades du coin. Le panache s’éleva à 12 km d’altitude, une terrible nuée ardente ravagea la région et on retrouva des scories de cette éruption jusque dans le lac de Constance en Allemagne, à plus de 400 km de là !

© Lemptégy – Le site se parcourt à pied (1,5 km) ou en train électrique (3,2 km). L’occasion d’observer de l’intérieur ses curiosités géologiques.

Lorsque que l’on quitte Lemptégy, on a l’impression d’être devenu un expert en volcanologie. Magma, basalte, lave, bombe, cheminée volcanique, scorie, pouzzolane, cône, dôme, puy, maar, tous ces mots n’ont plus de secret pour vous ! On apprend par exemple qu’une éruption unique créé un dôme, puis s’est fini. Les volcans d’Auvergne que l’on admire sont donc bien éteints. En revanche, la Chaine des Puys n’est qu’endormie : il y aura d’autres éruptions (on ne sait pas quand), qui créeront de nouveaux volcans.

Autre découverte, cela fait très peu de temps en réalité que l’on sait qu’il y a des volcans en Auvergne ! On le doit au géologue Jean-Etienne Guettard (voilà qui rappellera des souvenirs à ceux qui étaient au collège Guettard à Etampes, sa ville natale), qui se rend sur place en 1751, découvrant alors que les reliefs de la Chaîne des Puys ne sont pas que de simples montagnes, mais en réalité des volcans. Le célèbre géologue et volcanologue français Haroun Tazieff déclara d’ailleurs en 1962 : « Je suis venu en Auvergne au terme d’une quinzaine d’années à parcourir le monde en quête d’éruptions. Je sais aujourd’hui que si j’avais fait mes classes sur nos puys, j’aurai gagné un temps infiniment précieux. »

© Lemptégy – Le site n’attire pas que les touristes : volcanologues (et non pas vulcanologues comme le laisserait penser le nom de Vulcania), et géologues du monde entier viennent lire ce véritable livre à ciel ouvert. Quant aux scolaires, ils représentent un tiers des visites : de la maternelle à l’université, les élèves de la région passent tous par ici, et ils ont bien de la chance !
© Nicolas Pelé – Les différentes couches nous donnent une mine d’informations sur les éruptions de la Chaîne des Puy : dates, types… On apprend par exemple que la couleur des roches nous renseigne sur la distance de la cheminée à l’origine de l’éruption : rouge à proximité, noir plus éloigné. Ce site est un véritable livre de géologie à ciel ouvert on vous dit !



© Lemptégy – Au premier plan, l’une des deux cheminées du volcan.

© Nicolas Pelé – La deuxième cheminée, colonne de magma.
© Nicolas Pelé – Les anciennes machines utilisées par les carriers lors de l’extraction des scories volcaniques sont toujours sur place, rappelant le passé industriel de ce site reconverti.

Au fait, c’est loin de Vulcania ? Pas vraiment : la route départementale D941 sépare les deux sites ! Bref, trois minutes en voiture, cinq minutes à vélo et vingt minutes à pied… Et comme Vulcania, Lemptégy est donc lui aussi au cœur du site naturel de la Chaîne des Puys – Faille de Limagne, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Contrairement à Vulcania ou même au puy de Dôme, Lemptégy n’est pas très marketing… Difficile de retenir ce nom, qui a une origine gallo-romaine. En été, le site accueille les visiteurs le soir pour un son et lumière, Le Réveil du Volcan, un parcours nocturne lumineux et féerique d’1h à ne pas manquer. Quant au site de Lemptégy, comptez 2h30 de visite, entre le parcours immersif, la visite guidée et les deux attractions dynamiques.

On dort où ?

Sur les pentes du volcan, tant qu’à faire ! Bienvenue aux Lodges de Lemptégy

Inaugurés en juillet 2023, les lodges de Lemptégy, 3 étoiles, proposent 24 logements pouvant accueillir de deux à six personnes, sur les pentes du volcan éponyme, en plein cœur de la Chaîne des Puys. Au réveil, on savoure son panier petit-déj commandé la veille, avant de rejoindre le volcan de Lemptégy, à 250 mètres ou Vulcania, à 2 km, ou encore le départ du Panoramique des Dômes, à 10 km, qui vous emmène au sommet du puy de Dôme.

© Lemptégy – Conçus pour se mélanger à la nature environnante, les lodges en bois offrent un dépaysement total.
© Lemptégy – Pour profiter des extérieurs, chaque lodge dispose d’une terrasse privative.
© Lemptégy – Les 24 lodges sont tout confort : wifi gratuit, télévision, douche, plateau de courtoisie, service hôtelier avec linge fourni… Il y a même une kitchenette avec cafetière, bouilloire, petit frigo, micro-ondes, vaisselle et lave-vaisselle.

Où manger ou boire un coup ?

La brasserie Dark Lab à Saint-Ours les Roches

Une petite soif ou un petit creux ? Direction le brew pub Dark Lab à Saint-Ours les Roches, à seulement 5 minutes en voiture de Vulcania et du Volcan de Lemptégy. Cette ancienne étable reconvertie en pub brasserie ne manque pas de cachet. La bière artisanale est brassée sur place, et le jeune et dynamique propriétaire se fera un plaisir de vous expliquer tous les secrets de la fabrication de la bière dans son Brew Pub, une micro-brasserie avec une partie bar et une partie restaurant. La démonstration se fait dans l’ancienne grange où sont installées les grandes cuves. Après être devenu un expert en bière, il ne reste plus qu’à la déguster en mode terrasse guinguette durant les beaux jours, ou au coin du feu en hiver, accompagné par exemple par l’incontournable truffade auvergnate ! Dur dur de choisir parmi la dizaine de tirages pression aux caractères bien différents.

© Nicolas Pelé – Les cuves où sont brassées les bières se trouvent dans l’ancienne grange au-dessus de la brasserie.

Le Panoramique des Dômes, à l’assaut du puy de Dôme !

A seulement 15 minutes de Clermont-Ferrand, rendez-vous à la gare du Panoramique des Dômes, édifice conçu en pierre de Volvic (comme la cathédrale de Clermont-Ferrand) au pied du puy de Dôme, à 900 mètres d’altitude, au cœur du Parc Naturel Régional des Volcans d’Auvergne. Plus qu’une gare, le lieu accueille la maison de site, véritable petit musée avec son espace d’exposition qui vous plonge d’emblée dans l’ambiance des volcans.


© Jodie Way – Départ de la gare, où l’on se gare gratuitement dans un grand parking de 1 000 places.

Inauguré en mai 2012, ce train à crémaillère électrique parcourt les 5 km qui séparent la gare du sommet du puy de Dôme en 15 minutes, reprenant le parcours de l’ancienne route à péage, qui avait elle-même remplacé le train à vapeur circulant de 1907 à 1926, bref, c’est un peu un retour aux sources ! Juste le temps d’admirer un paysage spectaculaire sur la Chaîne des Puys, la faille de Limagne, Clermont-Ferrand et le Massif du Sancy.

Autre possibilité, faire comme les pèlerins du Moyen Âge et emprunter le très escarpé chemin des Muletiers (l’antique sentier des pèlerins, très pentu, emprunté à l’époque à dos de mules, d’où son nom), ou le chemin des Chèvres (plus facile). Attention, couvrez-vous bien, il y a 10°C de moins qu’à Clermont-Ferrand !

© René Manzone – A l’assaut du puy de Dôme en hiver. Et oui, le Panoramique des Dômes fonctionne toute l’année !

Le spectacle qui nous attend au sommet du plus haut volcan de la Chaîne des Puys, labellisé Grand Site de France, à 1465 mètres d’altitude, est grandiose. Un panorama à 360° sur les 80 volcans de la Chaîne des Puys, parfaitement alignés du nord au sud sur une trentaine de kilomètres : la collection la plus compacte et diversifiée de formes volcaniques (dômes, cônes et maars) de la planète !

C’est l’ensemble des reliefs du Massif central qui s’étend devant vous, des confins du Morvan en Bourgogne jusqu’au Cantal, le plus grand volcan d’Europe. Les jours de très beau temps, on aperçoit le mont Blanc et les Alpes ! Le sommet du puy de Dôme est le promontoire idéal pour découvrir, apercevoir et appréhender la faille de Limagne et de visualiser un rift continental : la séparation de deux plaques tectoniques, un spectacle que l’on observe dans très peu d’endroits sur Terre…

© René Manzone – Avec un peu de recul, on se rend mieux compte de la magie des lieux. Au sommet, on admire un site unique au monde, où se lisent toutes les étapes géologiques de la rupture d’un continent.

La faille de Limagne, un océan avorté

On connait la faille de San Andreas en Californie, grâce aux films catastrophes américains San Andreas, Superman et autres. Idem pour la vallée du grand Rift en Afrique de l’Est, que l’on a étudié à l’école. Etonnamment, on connait moins notre rift à nous : la faille de Limagne, en Auvergne ! Alignée parallèlement à la Chaîne des Puys, la faille créée il y a 35 millions d’année s’étend sur près de 32 km de long du nord au sud. Haute de 700 mètres, elle marque la séparation entre le plateau des Dômes (ancienne chaîne de montagne formée il y a 350 millions d’années totalement aplanie par l’érosion) et la plaine de Limagne, où se trouve Clermont-Ferrand.

© Gerard Fayet – L’arrivée au sommet, où se trouve depuis 1872 la station météo du puy de Dôme (qui ne se visite pas), l’une des 30 stations mondiales reconnues par le label Global Atmosphere Watch (GAW), délivrée par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). C’est donc une station météo de référence mondiale en matière d’observation de l’évolution du climat.

Ce phénomène est le contrecoup de la formation des Alpes. C’est ce que l’on appelle le rift ouest-européen. C’est le début de la rupture d’un continent. Si l’extension ne s’était pas stoppée, la partie supérieure de la croûte se serait totalement déchirée, le continent européen se serait progressivement coupé en deux et un océan serait né à la place de l’actuelle plaine de la Limagne. C’est aussi l’une des raisons pour laquelle la Chaîne des Puys est classée à l’UNESCO : illustration exceptionnelle de la rupture d’un continent, ce livre géologique à ciel ouvert est l’un des rares endroit au monde où l’on peut voir une faille géologique. Ce paysage unique permet d’observer comment la croûte terrestre s’est effondrée. Le magma est remonté par les fissures créées par la formation de la grande dépression (rift) de la Limagne et sa faille, faisant apparaitre le volcanisme de la Chaîne des Puys.

Aucun autre lieu sur Terre ne permet de voir aussi clairement le déroulement complet de la rupture d’un continent.
© Nicolas Pelé – Dessert volcanique au Resto d’Epicure, restaurant bistronomique et panoramique au sommet du puy de Dôme.
© Nicolas Pelé – Il faut imaginer qu’à cet emplacement, jusqu’en 2012, il y avait un grand parking avec plein de voitures… On aperçoit l’antenne, visible à 100 km à la ronde, présente depuis 1956, et à droite les ruines du temple de Mercure, qui trône au sommet du puy de Dôme depuis le IIème siècle.

Le temple de Mercure

Le panorama c’est top, mais il n’y a pas que ça au sommet du puy de Dôme ! Outre l’imposante antenne visible à 100 km à la ronde, le sommet abrite une station météo de renommée internationale (depuis 1872), un site militaire sol air de l’armée de l’Air (secret défense, on n’en dira pas plus), des sentiers de balades, des tables de lecture de paysage, un excellent restaurant, des boutiques, et les ruines d’un temple gallo-romain, agrémenté d’un tout nouvel espace muséographique. Bref, le puy de Dôme est un site naturel, touristique, historique, scientifique et militaire !

© Gerard Fayet – La Chaîne des Puys et le puy de Dôme (au second plan reconnaissable à son antenne) depuis une montgolfière. Il y a aussi des baptêmes en parapente organisés depuis le sommet du puy de Dôme.

Voilà qui rend l’endroit encore plus mystérieux et sacré qu’il ne l’est déjà ! Apparu il y a 11 000 ans, ce volcan fut un lieu de culte pour les Gallo-romains qui bâtirent à son sommet vers l’an 140 de notre ère un temple à la gloire de Mercure (Hermès pour les Grecs), messager des dieux, protecteur des voyageurs, des marchands et des voleurs. Il s’agît du plus grand sanctuaire de montagne de la Gaule romaine, au cœur du territoire des Arvernes, tribu qui donna son nom à l’Auvergne, et dont le chef le plus célèbre est Vercingétorix.

Perché à 1465 mètres d’altitude au point culminant de la région, le temple était visible de très loin, notamment depuis la cité d’Augustonemetum, capitale des Arvernes, à l’emplacement de l’actuelle Clermont-Ferrand. Depuis juin 2024, on peut accéder gratuitement à l’enceinte du sanctuaire tout en bénéficiant d’une visite accompagnée par un guide conférencier. En prime, ce guide vous explique tout ce qu’il faut savoir sur la volcanologie et la lecture de ce paysage d’exception.

On découvre les premiers vestiges du temple de Mercure à l’occasion de la construction de l’observatoire de mesures météorologiques au sommet du puy de Dôme par Emile Alluard en 1872.

Et pour finir, un peu d’étymologie. Puy vient du latin podium, élévation. On désigna longtemps par ce terme une colline, un sommet ou une montagne, puis le mot puy est sorti du langage courant, ne subsistant que dans des noms géographiques : Chaîne des Puys, puy de Dôme, puy de Sancy, mais aussi Puy du Fou ! Et Dôme ? Ce nom vient de Dumias, autre nom attribué par les Auvergnats au Dieu Mercure, qui a donc un sanctuaire au sommet de la montagne qui porte son nom !

© Gerard Fayet – Le puy de Dôme est un volcan endormi de la Chaîne des Puys, dont la seule et unique éruption a eu lieu il y a près de 11 000 ans. Le sommet du puy de Dôme a « la tête dans les nuages » 35% du temps (lors de mon passage notamment), soit 4 mois et demi par an (70% durant l’hiver et 30% durant l’été). Situé au centre de la Chaîne des Puys, le puy de Dôme (1465 mètres) domine nettement ses voisins puisqu’il s’élève à 600 mètres environ au-dessus du plateau des Dômes (environ 800 mètres d’altitude) sur lequel ils sont tous situés. Les autres puys ne dépassent pas les 300 mètres.

Publié par Nicolas Pelé

Le voyage est la passion de ma vie : chaque départ est une aventure, peu importe la destination, et chaque fois que je prends l'avion, c'est comme la première fois.

Un avis sur « Escapade volcanique au Puy-de-Dôme de Clermont-Ferrand à Vulcania »

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